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Conférence

Sommet IA : l'IA au service des langues africaines

Intervention de Leroy Abiguime sur la place des langues africaines dans les modèles de demain, aux côtés d'autres acteurs panafricains.

12 juillet 2026

Un sommet ne sert presque jamais à annoncer une technologie. Il sert à faire reconnaître un problème. Celui porté à Genève le 12 juillet 2026 tient en une phrase : un habitant qui ne parle pas la langue de son administration reste à la porte des services numériques que cette administration met en ligne.

Ce qui s’est joué à Genève

Le sommet mondial AI for Good s’est tenu du 7 au 10 juillet 2026. Le Togo y a présenté son projet de modèles d’IA pour les langues nationales, porté par Togo AI Lab avec la plateforme panafricaine Zindi et Umbaji. L’annonce est intervenue le 12 juillet.

Ce n’était pas une démonstration de produit. C’était le cadrage d’un chantier public, avec des objectifs chiffrés et un calendrier : cinquante langues, cinquante heures de voix validée et six mille paires de phrases traduites pour chacune.

Une infrastructure, pas une vitrine

Les modèles linguistiques sont une infrastructure publique essentielle.
Cina Lawson, ministre de l’Efficacité du service public et de la Transformation numérique

Le mot compte, et il engage. Une vitrine se juge à l’effet qu’elle produit sur scène ; une infrastructure se juge à ce qu’elle supporte pendant des années. Traiter un modèle de langue comme une route, c’est accepter qu’il soit financé dans la durée, mesuré publiquement, et corrigé quand la mesure déçoit.

Trop de langues africaines restent sous-représentées.
Celina Lee, directrice générale de Zindi

Ce qu’Umbaji y apporte

Session de collecte Umbaji, participants au casque devant leurs ordinateurs
La collecte : la partie la moins spectaculaire du projet, et celle dont dépend tout le reste.

Notre rôle est la collecte et la validation des données. Un modèle vocal ne vaut que ce que vaut le corpus qui l’a entraîné, et un corpus de langue peu dotée ne se récupère nulle part : il se construit, enregistrement par enregistrement, avec des locuteurs natifs qui relisent le travail les uns des autres.

Le détail du partenariat — les dix langues déjà nommées, les compétitions Zindi, le rôle de chaque partenaire — est dans l’article qui lui est consacré.